Groenland féerique : Kassassuk, la dureté des contes pour enfants

Le Groenland aime les contes moralisateurs, on l’a vu avec l’histoire de la mère de l’océan et son message en faveur de l’écologie [cf cet article : Groenland féerique : la mère de l’Océan, la déesse Sassumap Arnaa].

Le conte groenlandais le plus violent que nous connaissons est celui de Kassassuk.

 

L’histoire

Kassassuk est un jeune orphelin élevé par une pauvre vieille femme. Il est moqué de tous. Les autres enfants le martyrisent notamment en lui tirant les oreilles.

Un jour, il s’en va dans la montagne et rencontre un esprit. Cet esprit lui enlève toutes ses faiblesses. Dorénavant, il sera un homme fort, mais il doit garder ce secret jusqu’à l’arrivée de trois ours polaires qu’il devra combattre à mains nues.

Kassassuk retourne en ville sans rien dire à personne. Arrive enfin le jour dont l’esprit lui avait parlé : trois ours blancs féroces menacent les habitants de la ville. Kassassuk s’avance vers les animaux et, d’un coup de poing, les met K.O.

Par cet exploit extraordinaire, il gagne instantanément le respect de tous et accède au plus haut rang politique.

Mais Kassassuk ne se contente pas de ce retournement de situation. Il décide de se venger en instaurant la terreur et en faisant tuer tous ceux qui lui avaient fait du mal.

Très vite, plus personne ne l’aime. Il perd le respect de sa communauté et se retrouve une nouvelle fois abandonné de tous.

Kassassuk

La statue de Kassassuk est dans le centre-ville de la capitale, Nuuk. On voit l’esprit qui entoure Kassassuk avec sa queue.

La morale du conte de Kassassuk

Celui qui est en bas de l’échelle peut remonter. Mais une fois en haut, il ne faut pas qu’il abuse de son pouvoir sous peine de retomber à nouveau tout en bas.

La morale est belle et juste, mais l’histoire en elle-même est très violente. Du sang, des morts, les enfants sont habitués très tôt à la dureté de la vie groenlandaise.

Cette dureté, on a pu l’expérimenter durant notre séjour. En seulement un mois, trois tempêtes se sont abattues violemment sur les côtes, isolant les villages les uns des autres.

Nous sommes loin des contes qui parlent de princesses et de princes.

 

A très bientôt pour un nouvel article !

Clo & Clem

 

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