Madagascar : Une enfance hors du commun (par Clo)

mada 7 plage de Nosy Iranja

© Florian Ranger / Discover Madagascar

J’ai passé toute mon enfance à Madagascar…

…cette merveilleuse île perdue dans l’Océan Indien, au large de l’Afrique.

Voici le récit de cette jeunesse à part, ATTENTION DÉPAYSEMENT ASSURÉ !

Bien que j’y ai vécu 10 années, j’ai relativement peu de souvenirs de mon enfance. Mais les souvenirs qui me restent sont vivaces. Ce sont ces souvenirs marquants que je vais partager avec vous.

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Je me souviens tout d’abord des gens, des sourires malgré la pauvreté. Dans mon quartier de Tananarive (également appelé Antananarive, Tananarivo, Antananarivo), nous vivions dans une grande maison. A quelques pas, il y avait des bidonvilles. Mes parents m’interdisaient de fréquenter les enfants qui habitaient là-bas, qu’on surnommait les quatramis. Bien entendu, je désobéissais.

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Que peut-on peut trouver dans ces abris de fortune? Rien, ils n’avaient vraiment rien. Ils vivaient dans des abris faits de bric et de broc : des bâches, de la tôle, un coin couchage pour toute la famille et un coin cuisine rudimentaire. C’est exactement dans ce genre d’habitats que logent la plupart des personnes en périphérie de Tananarive. Ces gens avaient fui la campagne, espérant trouver du travail dans la capitale.

A la campagne, les habitats sont d’un autre genre : des maisons faites de briques de terre rouge avec un toit de chaume. Madagascar est appelée l’Ile Rouge, et ce n’est pas par hasard : la terre y est rouge !

 

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© Florian Ranger / Discover Madagascar

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Les routes sont souvent de simples pistes, et pour accéder d’un village à l’autre c’est parfois le parcours du combattant. Lorsque nous partions en vacances, nous allions sur la côte Ouest, vers Fort-Dauphin, dans un village au fin fond de la cambrousse. Pour y aller, on mettait plusieurs jours en taxi-brousse (des très gros 4×4 dans lesquels les gens s’entassaient et le toit était surchargé de valises). Plus inconfortable, tu meurs.

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© Florian Ranger / Discover Madagascar

Ensuite, il fallait changer de véhicule et prendre un autre 4×4 qui ne passait qu’une fois par semaine. Cette fois-ci, pas de pont pour traverser les rivières, juste des bacs de fortune : une corde qui traverse la rivière, et des hommes qui tirent dessus pour faire avancer le bac d’une berge à l’autre.

Ce village où nous nous rendions s’appelle Manaténina. Pas d’électricité, pas d’eau potable. Pour boire, il fallait aller chercher l’eau à la rivière avec un seau. L’éclairage était à la bougie.

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Pas d’hôpital, et pas de voiture pour y aller, le seul moyen de locomotion était la pirogue. A cause du manque de soin, ma petite sœur est morte de la fièvre jaune. Dure réalité d’un pays en développement.

Pour se laver, c’était directement dans la rivière. Pour manger, c’était les produits locaux. Mon grand-père avait des champs de manioc : on mangeait les feuilles pilées (un plat typique, le ravitoto) et les racines.

La faune et la flore composent un garde-manger très riches : des ananas sauvages, des baies en tout genre et beaucoup de poissons. Pour les fêtes, nous mangions des tortues. Ce n’est que bien plus tard que j’ai appris qu’elles étaient en voie de disparition. Nous n’avions, à l’époque, aucune éducation sur la protection de la nature. C’est pourquoi nous avions également un petit lémurien comme animal de compagnie. Le pauvre est très vite tombé malade dans sa cage…

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Les paysages de Madagascar sont uniques au monde : des énormes baobabs, des ravinala (palmiers qui n’existent qu’à Madagascar, emblème de l’île), des formations géologiques particulières (comme les Tsingy qui se sculptent avec le vent)…

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J’ai fréquenté l’école française de la capitale, et nous partions chaque année en classe verte pour découvrir les beautés du pays. Madagascar est une île volcanique où vivent des espèces uniques au monde : Caméléons, lémuriens, tortues, crocodiles… Sur les 200 000 espèces découvertes sur l’île, 150 000 sont endémiques (elles n’existent qu’à Madagascar).

C’est l’endroit idéal si on cherche un coin de nature préservée.

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© Florian Ranger / Discover Madagascar

Chose impensable en France, on me laissait souvent petite fille sans aucune surveillance. Je partais alors toute seule avec mon sac à dos pour découvrir ce monde incroyable.

Voilà sans doute d’où vient mon esprit d’aventurière.

A bientôt pour un autre récit de voyage 🙂

Clo

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Petite précision : Mises à part mes photos d’enfance, les photos de Madagascar n’ont pas été prises par moi (normal vu que cela fait 13 ans que je n’y suis pas retournée !). Elles sont issues d’internet et leurs auteurs ont été prévenus de l’emprunt.

14 comments

  1. Arop

    Bonjour, Nous habitons pas trés loin de Madagascar,(Réunion) c’est effectivement une beau pays, j’ai hâte de vous suivre autour du monde. Si d’aventure vous passer par la Réunion, n’hésitez pas à me contacter.

    Arop

  2. kompé

    magnifique île, je suis en France depuis 5ans et je viens de Madagascar, n hésitez pas å prendre contacte avec moi si vous le souhaiter.

  3. Danièle

    Merci et bravo pour ce bel article … au goût suave de mon enfance passée dans cette île si attachante. Merci aussi de l’honneur fait à certaines de mes photos. Bonne continuation et mandrapoina.

  4. je suis tres touchee , j adore madagascar mais je suis nee a la reunion et je vis dans le sud de la france !! je retourne a mada qu au mois de novembre !! votre recit m a profondemment emue ! bonne continuation !! <3 <3

  5. Dès que nous pouvons fuir ce monde, nous venons à Madagascar ; mon mari y est né et en est parti à l’âge de 8 ans. Voici 3 ans que nous y venons en vacances (5 fois au total séjours de 15 jours à chaque fois), nous changeons à chaque fois de régions, car Madagascar est si grand. Nos photos sont magnifiques et nous ne nous lassons pas de les voir et de les revoir, mon mari a créé un site sur facebook qui s’appelle « Mirouse JP Photo MAD », ce pays nous a ravi, nous a rendu humble, nous a rendu le sourire. Comment peut on se plaindre et voir des gens aussi misérables affichaient un tel sourire. Quel pays grandiose et riche par sa culture, ses traditions, ses sites plus insolites les uns que les autres, sa faune. Bref, notre seul projet maintenant est de le faire découvrir aux autres.

  6. olsen

    Madagascar , le pays de mon enfance , je ne peux pas me passer de regarder toutes les photos qui se présentent sur face book , je suis originaire de Tuléar

  7. pascal payet

    merci pour cette article c’est vrai que notre terre natale est belle j’ai vécu 15 années de bonheur et un jour bang plus rien mais les souvenirs restent et c’est pour ça que je repartirai très bientot retrouver mes amis et ma famille Rado RASOANIVO gros bisous veloma

  8. FALY

    Bonjour Clo,
    Permettez-moi de donner plus d’info sur la couche sociale inférieure de Madagascar, notamment de Tanà. Vous dîtes : « Je me souviens tout d’abord des gens, des sourires malgré la pauvreté  » Chère amie, moi de Tanà qui connais ces gens, j’aimerais donner plus d’explication sur ce terme pauvreté. Par définition, pauvreté veut dire Insuffisance de ressources matérielles affectant la nourriture, l’accès à l’eau potable, les vêtements, le logement, ou les conditions de vie en général. Cette population pauvre de Tanà ( qui ne constitue guère la majorité) manque de ressources matérielles, certe, mais ne se trouve pas dans une situation de pauvreté. L’encyclopédie rajoute plus loin, que la pauvreté est une situation génératrice de souffrances. Notre population en question comme vous venez de dire, ne se trouve pas dans une situation de souffrance car elle mange, elle est logée, s’entretient avec le peu de vêtements qu’elle a, donc ne déprime pas, ne souffre psychologiquement pas, c’est à dire en état d’ébriété, de dépression et de démance. L’encyclopédie continue plus loin . » La pauvreté touche des personnes isolées ou des groupes, des segments de population dans les pays développés… », en montrant des photos de pauvreté, les vraies : clochards. qui sont sans abris, complètement démunis. Il m’est donc nécessaire de faire ce point car les autres n’ont peut-être le temps de s’étaler sur ce thème; Cette population pauvre de Tanà, comme vous l’aviez bien exprimé sont des paysans venus en ville ( fruit de l’exode rural) préfère travailler en ville ( porteur, petits marchands, femmes de ménages, jardinier, les notres par exemples) Elle travaille, gagne un salaire et vie avec. C’est pour cela qu’elle est heureuse. Elle ne connait pas notre mode de vie mais c’est nous qui comparons leur vie avec la notre qui concluons, sans comprendre, qu’elle a le sourire malgré la pauvreté. Je vous assure, car nous étions en contact permanent avec ces gens, qu’ils sont heureux (ils ne sont pas tous heureux pour rien). Rien à voir avec la pauvreté en France ou ailleurs qui sont des gens dans la rue, sans capacité de travailler. La pauvreté existe dans le monde non occidental comme en Inde, en Afrique…où des personnes adultes, enfants et viellards, n’ont pas de toit, pas à manger et attendent jour pour jour la fin de leur vie. Mais ce n’est pas vraiment le cas de Madagascar.

    • Clo & Clem

      Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut pas dire qu’une personne est triste parce qu’elle est pauvre. Beaucoup de gens vivants dans les bidonvilles n’ont pas beaucoup de ressources mais la solidarité entre eux existe, une solidarité qui a en grande partie disparue dans les pays occidentaux. Ils se débrouillent. Mais pour autant, je ne pense pas qu’on puisse dire qu’ils sont heureux. Ils ont très peu, et souvent, ils n’ont pas de travail. Certes, certains d’entre eux ont des petits boulots, mais beaucoup, malheureusement, se livrent à la mendicité, à la prostitution, à la drogue… Quoi qu’il en soit, merci d’avoir réagi à cet article et d’avoir communiqué votre point de vue 🙂

  9. Rakotozafy Rindra

    Bonjour. Jolie histoire, jolies couleurs. Je suis malagasy et je suis heureux à chaque fois qu’on parle de mon pays autrement qu’à travers ses dérives politiques. Merci pour votre intérêt. Un petit point quand même que j’ai relevé dans vos souvenirs: Fort Dauphin se trouve au sud sud est (et non à l’ouest) de Madagascar. Pour le reste, venez souvent et parlons de ce pays de manière à le faire connaitre partout. Vous souhaitant mille merveilles….

  10. Très belle article, cela fait plaisir de lire une mise en valeur de Madagascar, quand je lis cette enfance je suis un peu jaloux, et je pense que ca ferait beaucoup de bien aux français de faire un stage à Madagascar quelques temps ! Plus de service militaire mais un service communautaire en quelque sorte^^
    En tout cas superbe site que je partage sans hésiter ! Bonne continuation dans ce tour du monde

  11. Bonjour Clo, votre témoignage est aussi court qu’intense et, je trouve, superbement écrit. 🙂 un vrai style. Je prépare mon voyage dans votre beau pays du 29 septembre au 23 octobre 2013 et j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ces instants de nostalgie. Continuez à témoigner 🙂 Arno

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