Tual et les îles Kai : un paradis perdu au large de la Papouasie

Cap sur Tual, au large de la Papouasie Occidentale !

Après 3 mois de roadtrip en Australie, nous avons la chance d’être pris en tant qu’équipiers sur un voilier. Il part pour la Thaïlande en passant par l’Indonésie, Singapour et la Malaisie. 6 mois pour accomplir cette épopée. Nous ne savons pas encore exactement combien de temps nous allons passer à bord.bloc1

Première étape : naviguer jusqu’aux villages autour de Tual

Il est 6 heures du matin quand nous quittons l’île de Thursday Island au nord-est de l’Australie. Nous avons 6 jours de traversée en haute mer pour atteindre Tual, la première étape de notre aventure à bord du voilier.

Quand nous l’apercevons pour la première fois, l’île boisée semble sauvage. Un pêcheur, dans une petite barque, passe près de nous et nous fait de grands signes pour nous souhaiter la bienvenue.

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Nous continuons de naviguer jusqu’au point d’ancrage communiqué par les autorités. Il se trouve au milieu d’une baie entourée de villages. Il y a assez peu de maisons et pourtant on compte autour de nous 2 immenses églises et 3 mosquées rutilantes.

John, le capitaine du voilier, nous apprend, qu’au début des années 2000, de violentes guerres ethniques et religieuses ont secoué la région. Les villages autour du bateau ont été incendiés et des dizaines de personnes tuées. Aujourd’hui, heureusement, la paix est revenue.

Après une semaine sur le bateau, nous sommes impatients de marcher sur la terre ferme. Mais John douche aussitôt notre enthousiasme en levant en haut du mat un petit drapeau jaune : le drapeau de la quarantaine.

Avant de pouvoir fouler le sol indonésien, nous sommes obligés de rester 48 heures sur le voilier. Un agent de la quarantaine viendra ensuite vérifier qu’il n’y a pas de souci avant de nous autoriser à rejoindre l’île.

D’autres habitants passent près de nous avec leurs petites embarcations. Curieux et amusés par notre présence, ils viennent nous saluer en criant « Bouley ! Bouley ! Bouley ! ». Nous ne savons pas ce que cela veut dire mais nous répondons avec de grands sourires et de grands gestes des bras.

Quand la nuit tombe, nous découvrons que la plupart des maisons n’ont pas l’électricité. Seule la lune éclaire l’horizon.

Le lendemain matin, nous sommes réveillés par un véritable vacarme. Les 3 muezzins diffusent avec un léger décalage l’appel à la prière dans des haut-parleurs surpuissants.

L’agent de la quarantaine arrive en fin de matinée. Nous sommes un peu tendus. Et s’il décidait de nous refouler ?

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Après avoir fait remplir quelques documents au capitaine, il revient vers nous avec un grand sourire avant de nous demander : « Photo ? ». Les touristes sont rares et il veut absolument faire une photo avec tout l’équipage. C’est bien la première fois qu’on improvise une séance photos avec un officiel à la frontière d’un pays !

Officiellement, nous devons encore attendre la venue des agents de l’immigration pour pouvoir poser un pied à terre. Mais, à cette heure-ci, les bureaux sont déjà fermés. Devant nos mines déconfites, l’agent de la quarantaine nous dit avec un sourire en coin : « Si vous restez dans les alentours, ça devrait aller… ».

Terre ferme ! Rencontre avec les habitants de l’archipel de Kai

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Alors que nous sommes prêts à quitter le bateau, le capitaine s’aperçoit que le fond du zodiac qui est censé nous permettre de rejoindre la côte n’est plus du tout étanche. Mais nous ne nous décourageons pas. Nous sommes si près du but !

Nous n’avons qu’à faire du bateau-stop 🙂 Nous faisons de grands signes aux embarcations qui passent près de nous. Et en quelques secondes à peine, quelqu’un s’arrête pour nous aider.

Arrivés au village, les enfants courent vers nous en hurlant « Bouley, Bouley ! ». Tous les villageois sortent de leurs maisons pour nous regarder. Certains crient « I love you Mister ! », les rares mots qu’ils connaissent en anglais 🙂 Nous ne pouvons pas faire un pas sans qu’un habitant s’extasie à notre vue. Nous sommes des stars ici ! (et c’est plutôt déroutant)

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Ils sont très attirés par Clem et sa peau blanche. Un peu moins par Clo…

Ils la prennent même pour une habitante Kai. Elle a la même couleur de peau, les mêmes yeux, le même nez et les mêmes cheveux. Sans Clem, elle passerait presque inaperçue.

Alors que nous nous promenons dans le village, un homme s’avance vers nous et commence à nous parler en anglais. Il est professeur d’école dans la ville principale de l’île, Tual. Il nous invite à venir rencontrer ses élèves afin de les aider à pratiquer leur anglais ce que nous acceptons tout de suite.

Dans le minibus qui nous amène en ville, nous lui demandons la signification du mot « bouley ». Il éclate de rire avant de nous expliquer un peu embarassé qu’il s’agit du surnom donnés aux blancs.

Après une demi-heure de route au milieu des champs de manioc et des cocotiers, nous atteignons la ville. L’école se situe dans la partie chrétienne de Tual. A chaque coin de rue, nous croisons de grandes croix chrétiennes. A l’entrée de l’école, une statue de Marie nous accueille.

Le professeur nous présente à un petit groupe d’élèves survoltés par notre venue surprise. Ils ont entre 10 et 14 ans et ils nous posent des tonnes de questions sur notre aventure. Aucun d’eux n’a eu la chance de voyager. Ils n’ont jamais quitté leur petite île. Pour eux, Jakarta, la capitale indonésienne, c’est déjà le bout du monde.

Fièrement, ils nous font visiter leur établissement. Ici, les enfants choisissent dès leur plus jeune âge une formation précise. Dans cette école, ils ont le choix entre hôtellerie, tourisme, cuisine… La plupart des cours sont des enseignements pratiques. Il y a donc une petite cuisine avec tous les ustensiles d’une cuisine professionnelle ou bien un mini-hôtel avec sa réception et une seule chambre ! Bien qu’elle soit dirigée par des soeurs chrétiennes, l’école est publique et gratuite.

Avant de repartir, les élèves insistent pour nous apprendre des danses traditionnelles Kai. Devant nos pas maladroits, les enfants s’écroulent immédiatement de rire. Nous vivons là un moment unique.

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Finir la journée dans une piscine naturelle

De retour au village, nous tombons sur 2 enfants qui nous demandent de les suivre. Ils nous emmènent découvrir des grottes perdues dans la forêt.

Ces grottes sont remplies d’une eau limpide. Ils nous montrent l’eau qui sert d’eau potable pour le village puis se jettent tout habillés dans la suivante en nous faisant signe de les suivre. Quel plaisir de plonger dans cette eau rafraichissante après toute une journée sous un soleil de plomb.

Les enfants sont trop contents de nous faire découvrir cet endroit magique. Ils nous montrent les meilleurs endroits pour plonger puis nous emmène au fond de la grotte pour voir quelques petites chauves-souris en train de dormir accrochées au plafond la tête en bas.

Au moment de repartir, ils se précipitent dans un jardin et reviennent les bras chargés d’oranges pour nous les offrir.

C’est pour cette raison que nous avons voulu prendre le voilier. Pour pouvoir découvrir en toute liberté des endroits encore préservés, loin des circuits touristiques.

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A très bientôt pour la suite de l’aventure 🙂

Clo & Clem

 

1 comment

  1. louise

    Bonjour! Je suis votre blog depuis peu, super simpa, très bien écris! Je suis actuellement en voyage en Australie avec mon copain et nous espérons faire l’Asie par la suite.
    Votre expérience sur le voilier m’intéresse beaucoup, l’idée de voyager de manière différente et hors des sentiers battus c’est super! Est-il possible d’avoir quelques infos supplémentaires sur ce sujet? Nous pensons finir notre voyage australien a Darwin car c’est là que nous avons commencé et cela bouclerait la boucle.. Comment vous y êtes vous pris pour être engagés sur ce voilier?
    Merci et bon voyage!

    Louise

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